Druckschrift 
3 (1895) Politische Schriften von 1848 bis 1868
Entstehung
Seite
428
Einzelbild herunterladen
 

428

séduire un député ou un journaliste par des confidences,par des explications, il les recherchait avec empressement,causant, avec un sans-façon parfois indiscret, de tous lesgrands rouages de lEtat. En 1849, il envoya un cartelau rédacteur du Kladderadatsch (le Charivari de Berlin),et plus tard, pendant son ambassade à la diète, le publicle soupçonnait très-fort de collaborer quelquefois encachette à cette même feuille, surtout quand elle donnaitquelque bonne charge dun diplomate autrichien. ilse laisait aller à toute la verve de son humeur, tantôtprovoquante, tantôt enjouée, cétait devant les comitésdes chambres. Le babillage auquel il pouvait saban-donner à huis clos allait beaucoup mieux à son talentque léloquence publique.Dans ces moments," dit untémoin de ces discussions,tout passait devant nos yeuxdans une confusion de kaléidoscope et avec un mouve-ment si rapide quil était impossible de suivre. Il yavait un contraste frappant entre le sérieux des membresde la commission plongés dans les chiffres et autres don-nées positives et le babillage du ministre brodé de termesétrangers."

Pour compléter ce portrait, nous ne pouvons nousempêcher dajouter, au témoignage des faits et à celuides observateurs, le document dans lequel le ministre aentrepris un jour de se caractériser lui-même devant lepublic et devant la France tout particulièrement. On voitpar que ce nest pas une confession faite pour être ac-ceptée sans réserve. Mais sans oublier quelle a été dictéepour les besoins de la cause, on ne peut après tout, enjugeant le procès de M. de Bismarck, lui refuser la parolepour quil sexplique lui-même. Il est entendu quil neprêtera pas serment et que nous serons libres de nelécouter quà titre de renseignement.

Un journaliste français, M. Vilbort, qui avait suivi