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3 (1895) Politische Schriften von 1848 bis 1868
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barricade, reprit M. de Bismarck, rentrerait au logis toutpenaud, et sa femme le traiterait dinsensé; mais, à larmée,cest un soldat admirable, et il se bat comme un lion pourlhonneur de son pays. Cette nécessite dune grande forcearmée, imposée par les circonstances, une politique frondeusena point voulu la reconnaître, si évidente quelle fût. Quant àmoi, je ne pouvais pas hésiter: par ma famille, par mon édu-cation, je suis avant tout lhomme du roi. Or, le roi tenait àcette organisation militaire comme à sa couronne, parce que luiaussi, en son âme et conscience, il la jugeait indispensable.-dessus, personne ne pouvait le faire céder ou transiger. A sonâge, il a soixante=dix ans, et avec ses traditions, on sob-stine dans une idée, alors surtout;quon la croit bonne. Dailleurs,au sujet de larmée, je partage entièrement sa manière de voir.

I1 y a seize ans, je vivais en gentilhomme campagnard,lorsque la volonté souveraine me désigna comme envoyé de laPrusse auprès de la diète de Francfort . Javais été élevé dansladmiration, je pourrais dire dans le culte de la politiqueautrichienne. Il ne me fallut pas beaucoup de temps pourperdre mes illusions de jeunesse à lendroit de lAutriche , et jedevins son adversaire déclaré.

Rabaissement de mon pays, lAllemagne sacrifiée à desintérêts étrangers, une politique cauteleuse et perfide, tout celanétait pas fait pour me plaire. Jignorais que lavenir dûtmappeler à remplir un rôle; mais dès cette époque je conçuslidée dont je poursuis la réalisation aujourdhui, celle desoustraire lAllemagne à la pression autrichienne, du moins cettepartie de lAllemagne unie par son esprit, sa religion, ses mœurset ses intérêts aux destinées de la Prusse, lAllemagne du Nord.Dans les projets que jai mis en avant, il nest pas question derenverser des trônes, de prendre à celui-ci son duché, à tel autreson petit domaine. Le roi, dailleurs, ny prêterait pas la main.Et puis il y a les relations de famille, le cousinage, une fouledinfluences hostiles contre lesquelles jai eu à soutenir uncombat de toutes les heures.

Tout cela, pas plus que lopposion avec laquelle jai eu àlutter en Prusse , na pu mempêcher de me dévouer corps etâme à cette idée: lAllemagne du Nord constituée dans sa formelogique et naturelle sous légide de la Prusse . Pour atteindrece but, je braverais tout: lexil et même léchafaud. Et jai dit