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3 (1895) Politische Schriften von 1848 bis 1868
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au prince royal, qui, par son éducation et ses tendances, estplutôt lhomme du gouvernement parlementaire: quimporte silon me pend, pourvu que ma corde de pendu attache solide-ment votre trône à cette nouvelle Allemagne ! ....

* Puis-je aussi vous demander, monsieur le ministre, com-ment vous entendez concilier la libre mission dun parlementnational avec le traitement rigoureux qua subi la chambre deBerlin ? comment surtout vouz avez pu décider le roi, représen-tant du droit divin, à accepter le suffrage universel, qui est leprincipe démocratique par excellence?*

M. de Bismarck me répondit vivement:

* Cest une victoire remportée après quatre années deluttes! Quand le roi ma appelé, il y a quatre ans, la situationétait des plus difficiles. Sa Majesté ma placé sous les yeuxune longue liste de concessions libérales, mais aucune à attendredelle sur la question militaire. Jai dit au roi: Jaccepte, etplus le gouvernement pourra se montrer libéral, mieux celavaudra. La chambre sest obstinée dun côté et la couronne delautre. Dans ce conflit, jai suivi le roi. Ma vénération pourlui, tout mon passé, toutes mes traditions de famille men fai-saient un devoir. Mais que je sois, par nature ou par système,ladversaire de la représentation nationale, lennemi- du ré-gime parlementaire, cest une supposition toute gratuite.

*Je nai pas voulu me séparer du roi, aux prises avec lachambre de Berlin, alors que la chambre de Berlin se mettaiten travers dune politique qui simposait à la Prusse commeune nécessité de premier ordre. Mais que je songe à mystifierlAllemagne avec mon projet de parlement, personne nest endroit de madresser cette injure. Le jour, ma tâche remplie,mes devoirs envers mou souverain se concilieraient mal avecmes devoirs dhomme dEtat, je pourrais prendre le parti demeffacer, sans quil me fallût pour cela renier mon œuvre.*Telles sont en substance, dit M. Vilbort en finissant, lesvues politiques que M. de Bismarck a exposées devant moi. Sapensée, en recevant une autre forme, a pu tantôt saccentuer outantôt satténuer sous ma plume; je me suis toutefois appliquéà la rendre aussi fidèlement que possible.

Dans cette causerie spirituelle, M. de Bismarck afourni des renseignements sur la nature du caractère alle-

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