magne par celui même qui l’a si cruellement maltraité.Mais autant sont palpables les résultats obtenuspar le travail assidu de ces dernières années, autantétaient imaginaires les résultats sur lesquels s’appu-yaient les radicaux pour continuer directement le mouve-ment de l’incident révolutionnaire de 1848. Ce quidominait de fait, malgré tous les progrès intellectuels,c’était en haut le régime personnel, en bas l’insensibilité.Dans cet état de choses, M. de Bismarck n’avait pas hé-sité à mettre son enjeu sur le régime personnel.
Faut-il conclure de là que sa victoire est celle de laroyauté militaire? C’est, l’erreur précisément de ceuxqui, ne regardant que l’agencement superficiel des choses,n’ont pas voulu distinguer entre la fin et les moyens.Nous n’agiterons ici ni la fameuse thèse de la justificationdes moyens par la fin, reprochée aux jésuites et prati-quée par tout le monde, ni la question de savoir si unevictoire obtenue par des moyens regrettables ne se ressen-tira pas longtemps dans ses conséquences des conditionsfâcheuses sous lesquelles elle a été remportée. 11 ne s’estpas agi pour nous de montrer les avantages ni les dan-gers des grands changements naguère survenus en Alle-magne , — objet depuis de tant de commentaires, — maisseulement de pénétrer au fond des idées personnelles etgénérales qui en ont été le principe moteur. Si la gran-deur du résultat obtenu ne peut manquer d’élargir lesvues de ceux qui sont appelés les premiers à en tirer hon-neur et avantage, on ne saurait cependant assez encou-rager la nation à ne leur accorder qu’une confiance limi-tée et à prendre en main, elle-même, le plus tôt possiblela direction de ses affaires.
Mais avant tout, ne confondons pas avec les justesappréhensions les fausses alarmes par lesquelles certainsradicaux cherchent à ameuter le libéralisme français contre