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3 (1895) Politische Schriften von 1848 bis 1868
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mémorable entreprise dans sa tâche si difficile si problé-matique, disons-le, de faire entrer lesprit moderne dansle cœur dune ancienne dynastie militaire. Comprend-onmaintenant que celui qui devait lessayer avec quelquechance de succès, ne pouvait tenir exclusivement ni delun ni de lautre des deux éléments quil sagissait decombiner? Ce devait être précisément ce personnage auxprécédents, aux sentiments, aux instincts même aristo-cratiques, autant que cet esprit puissant, élastique, fécond,obligé par la loi même de sa perfectibilité de servir leprogrès moderne.

Certes, cest chose bizarre que cette alliance entre laféodalité et une idée nationale, entre laristocratie et lesuffrage uuiversel, entre ce grand seigneur et des chefsdinsurrection; mais il ny a en somme que lincarnationdes deux contradictions qu'il sagissait de réunir en forçantla royauté prussienne à entrer dans une vie nouvelle.

Jusquà quel point sera-t-il donné au même hommede développer les germes modernes, tant en lui que dansle noyau gouvernemental quil domine par sa personnalité?Rien ne nous oblige à penser quil ait dit son derniermot. Maintes fois, depuis deux ans, il a prouvé quil sentle besoin de sappuyer sur le progrès, pour tenir tête àune réaction incorrigible, qui guette le moment de lécarter.De lautre côté, il a exigé du parti libéral des sacrificesconsidérables, afin de désarmer les influences contraires quiassiègent le trône. Pour maintenir cet équilibre, il appuieun peu trop sur le moyen deffrayer les libéraux par lamenace de sa retraite. A la moindre contrariété,cest toujours son ancién défaut il perd patienceet leur met le marché à la main en posant la questionde cabinet. Et alors lopposition, connaissant les diffi-cultés secrètes dune situation fort délicate, recule devantla responsabilité débranler la position de lhomme qui