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3 (1895) Politische Schriften von 1848 bis 1868
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La lutte éternelle des peuples contre leurs maîtres nedevrait raisonnablement alterner quentre la nécessité deles renverser ou lespoir de les moraliser. Quant à lentre-prise de les dompter par des institutions coercitives, pardes restrictions inscrites dans les chartes monarchiques,lexpérience ne peut y voir quune valeur fort relative. lesprit des gouvernements persiste à létat din-surrection plus ou moins latente contre lautorité de lopi-nion publique; les chefs dEtat se croient injuste-ment renfermés dans les limites dun pouvoir constitutionnel,la force concentrée den haut aura toujours la chance deprévaloir contre la force diffuse den bas. Le vrai triomphede la civilisation dans les Etats monarchiques, cest déleverlesprit héréditaire des maisons régnantes à cette hauteur, la guerre contre lopinion de leur nation leur apparaîtcomme une impossibilité morale, comme une monstruositéincapable de naître dans le cerveau dun homme sensé.

Le peuple allemand, après avoir échoué dans unefaible tentative révolutionnaire, a jugé lui-même que sesprécédents navaient pas jusquici suffisamment développéen lui les forces élémentaires indispensables pour engendrerles grands soulèvements victorieux. Il fallait donc se ré-signer à cette autre nécessité qui consiste à se vouer àléducation du gouvernement établi. Appliquer ce pro-blème à trente maisons régnantes était chose inexécutable.Cest déjà assez de bonheur quand il y a quelque pro-babilité dy réussir avec une seule. Lhistoire et la naturedes choses avaient désigné depuis cent ans la monarchieprussienne. Depuis un demi-siècle, celle-ci avait désespéréses adhérents par sa nullité complète. Enfin, en 1866,elle donna signe dintelligence, de vitalité et dambitionsalutaire. Pour tous ceux qui entendaient quelque choseà la politique de leur pays, cétait le moment dencouragercet élan et surtout de soutenir lauteur principal de cette