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1 (1932)
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LA LOI DE TROIS ANS

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taires par une action personnelle incessante et habile ;en outre, il sétait dépensé en province dans de nombreuxdiscours, pour démontrer la nécessité de la loi. Le 15 juin,il avait été prononcer à Rennes un de ces discours ; il étaitrentré le 16 au matin et il était visiblement fatigué ; ilnavait pas tous ses moyens pour entamer la lutte décisivedevant la Chambre. Son discours sen ressentit, et il fit peudimpression sur lassemblée. Jétais assis à côté de M. Bar-thou, président du Conseil, qui, sentant le mauvais effetproduit sur lassemblée, se pencha vers moi et me dit :« Mais, vous navez donc pas préparé le discours duministre? Pardon, voici le texte que je lui ai remis.Cest bien, donnez-le-moi. » Il lemporta, et quelques joursplus tard, le 26 juin, à loccasion dun amendement pro-posé par M. Augagneur, il prit à son tour la parole, exposala question avec une telle force et une telle netteté quàpartir de ce moment le succès du gouvernement fut assuré.

Un incident faillit cependant remettre tout en question.Parmi les innombrables contre-projets présentés, lundeux le fut par MM. Paul-Boncour et Messimy. Paul-Boncour prit la parole le premier : il demandait le main-tien du service de deux ans avec des dates dincorporationdifférentes, de façon à ne pas laisser larmée pendantlhiver avec une seule classe instruite, la deuxième àlinstruction. Le système en lui-même ne résolvait pas laquestion, mais lorateur fut si étonnant de force persua-sive et dadresse, quà la fin de la séance, jeus limpressiontrès nette que si on avait voté après ce discours, notreprojet eût été compromis. Heureusement on ne vota quequelques jours plus tard ; leffet produit par le discoursde Paul-Boncour avait eu le temps de sévaporer, et quandon passa aux voix, sa proposition fut rejetée.

Pour ma part, jeus à monter à la tribune, le 8 juillet, àloccasion de la discussion de larticle IL Cet article modi-fiait les effectifs en hommes de larmée active des diffé-rentes unités fixés par les lois antérieures. Le général Pau devait prendre la parole ; mais souffrant depuis quelquetemps, il dut, au dernier moment, me laisser le soin de