CONCENTRATION DES TROUPES RRITANNIQUES 263
nique avait fini par accepter nos propositions, et il avaitconsenti à maintenir la zone de concentration immédiate-ment à côté des armées françaises. C’était un point trèsimportant acquis. Mais, par contre, j’apprenais en mêmetemps que le gouvernement, influencé par l’opinion pu-blique anglaise qui vivait sous la crainte perpétuelle d’undébarquement en Angleterre , avait trouvé nécessaire demaintenir deux divisions d’infanterie dans la métropole.Dans ces conditions, le corps expéditionnaire britanniqueallait se trouver réduit à quatre divisions d’infanterie etcinq brigades de cavalerie ; les deux divisions maintenuesen Angleterre suivraient, dès que les circonstances le per-mettraient.
Cette solution, meilleure sans doute que celle que nousavions pu craindre, risquait de mettre notre gauche dansune situation critique, et je pouvais redouter que celle-cine fût attaquée avant que sa concentration ne fût ter-minée. En effet, d’après les calculs du 2° Bureau, cettedate du 13 août à laquelle nous étions parvenus étaitprécisément celle à laquelle le déploiement stratégiqueallemand sur la base de départ devait se terminer, et ilétait vraisemblable que les Allemands ne tarderaient pasà s’ébranler ; il était donc possible que nous ne puissionspas chercher la bataille au delà de la Semoy et de laChiers.
En présence de cette situation je prescrivis aux l re et2 e armées qui étaient prêtes à l’action d’attaquer dès lelendemain 14 : Dubail sur Sarrebourg avec trois corpsd’armée, flanqué à sa droite par le 14 e corps, Castelnauavec ses trois corps d’armée de droite, tandis que le 9 e corpset les divisions de réserve protégeraient Nancy . Quantaux armées de gauche, les 3 e , 4 e et 5 e , je leur prescrivissimplement un certain nombre de mesures défensives.
Cependant, le matin du 13, je pris connaissance durapport du général Pau arrivé dans la nuit : il me dépei-gnait nos troupes comme fort éprouvées et démoralisées.Le 7 e corps et la 57 e division de réserve se repliaient sousle canon de Belfort. Le général Pau attribuait une grande