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1 (1932)
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LES BATAILLES DE LA FRONTIÈRE

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forces engagées contre nous. Cependant, dune source quinous paraissait sûre, nous apprîmes que deux corps darméeactifs opposés tout dabord à larmée russe étaient en coursde transport vers le front français, et quils avaient étéremplacés sur le front oriental par des formations delandwehr. Je demandai au gouvernement dinsister ànouveau auprès de létat-major russe sur la nécessité duneoffensive à outrance vers Berlin .

A Paris , la nouvelle de notre échec de Morhange avaitproduit quelque émotion. M. Messimy mécrivit à cettemême date du 22, dans cette forme lapidaire quil ai-mait :

« Mon cher Général et Ami,

« Avant-hier, un succès ; hier, un échec. Cest la guerre.Jai une entière foi dans la victoire de demain. Mais, quoiquil advienne, croyez à toute ma confiante amitié.

« Messimy. »

Jusquici, jenvoyais chaque jour un compte-rendu télé-phoné au ministre sur les événements de la veille. Dans lasoirée du 22, je reçus la visite du capitaine Tardieu, porteurdune lettre du président du Conseil, M. Viviani, qui seplaignait fort discrètement dailleurs dêtre renseigné som-mairement. Il faisait valoir la responsabilité du gouver-nement qui lobligeait à prendre des mesures pour préparerprogressivement lopinion publique, et il indiquait la né-cessité pour nous de lutter contre la diplomatie allemandequi cherchait à tromper au moyen de la presse lopiniondu monde. Il me proposait dinstituer une navette de deuxofficiers entre le grand quartier général et le gouvernement.Ces officiers auraient pour mission dapporter au gouver-nement des renseignements sur le déroulement des opéra-tions et la manière dont se seraient conduites nos troupes,sans descendre dans lanalyse des événements au-dessousdes actions des divisions. En terminant, M. Viviani sai-sissait loccasion de me « renouveler toute la confiance,laffectueuse estime du gouvernement et de la population