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1 (1932)
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MÉMOIRES DU MARÉCHAL JOFFRE

livré des combats heureux vers Neufchâteau et Maissin,mais avait subi vers Tintigny et surtout vers Ochampsdes échecs qui entraînaient un recul général sur le frontMeix-devant-Virton, Jamoigne, Bertrix, Paliseul, Hou-dremont. Ces deux armées devaient reprendre loffensivele lendemain 23.

Sur le front de Lorraine , il ne sétait produit dans larégion du Grand-Couronné que des incidents de cavalerie ;dans laprès-midi, les arrière-gardes des 16°, 15 e et 20° corpssétaient trouvées aux prises avec un ennemi qui essayaitde franchir le Sanon, et qui parvenait à entrer à Lunéville. La gauche de la l re armée, attaquée dans la matinée, sétaitrepliée vers la forêt de Mondon et la Meurthe.

De cet ensemble de renseignements, il eût été préma-turé de tirer déjà des conclusions, il fallait attendre encoreavant de se faire une opinion et de prendre des déci-sions.

Je reçus ce jour-, vers la fin de laprès-midi, des nou-velles de Russie. Javais demandé que les Russes précipi-tassent leur marche sur Berlin et Vienne. M. Paléologueme faisait connaître le résultat de ses démarches. Lesforces russes, me faisait-il savoir, formaient actuellement10 armées dont 7 engagées déjà contre lAllemagne et lAu-triche , soit un total de 28 corps darmée représentantenviron 1 120 000 hommes. Le grand-duc Nicolas se décla-rait résolu à marcher aussi rapidement que possible surBerlin et Vienne, sur Berlin principalement, en passantentre les forteresses de Thorn, Posen et Breslau. Toutes sesarmées avaient déjà pris loffensive. En Prusse Orientale, les troupes russes avaient déjà dépassé la frontière dunetrentaine de kilomètres ; les forces de la rive gauche de laVistule devaient marcher directement sur Berlin aussitôtque les armées du Nord-Ouest auraient réussi à fixer larméeallemande.

De ces télégrammes, jétais en droit de conclure que lesAllemands nallaient pas tarder à se sentir gravementmenacés sur leur front oriental, et je pouvais espérer que,dici peu, ils se verraient contraints dalléger la densité des