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1 (1932)
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LES BATAILLES DE LA FRONTIÈRE

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laprès-midi et vers 22 heures, je fis connaître mon étonne-ment au général Lanrezac sous les ordres duquel il étaitplacé, en lui demandant son avis sur le remplacementéventuel du commandant du corps de cavalerie. En ce quiconcernait la protection de la région Lille-Tourcoing exposée aux insultes de la cavalerie allemande, je fisdemander au ministre par le colonel Pellé de mettre unequatrième division territoriale à la disposition du généraldAmade (1).

Sur le front des l re et 2 e armées, la situation avait lairde se calmer ; dans la matinée du 22, je leur envoyai desinstructions pour préciser leur nouvelle mission : il sagis-sait pour elles, en conservant une attitude défensive, dedurer le temps nécessaire au développement de la ma-nœuvre commencée dans le Nord, et dêtre en état dereprendre ensuite loffensive.

La soirée nous apporta des renseignements.

Dabord, en ce qui concernait le mouvement de lextrêmedroite allemande, il semblait bien quelle continuait salarge conversion autour de Namur, telle que létat-majorbelge nous lavait signalée la veille, cette aile comprenait5 ou 6 corps darmée qui paraissaient suivis de for-mations de réserve ; elle était couverte vers louest par3 divisions de cavalerie. Au début de laprès-midi, len-nemi avait franchi la Sambre et attaquait à lest deCharleroi. Les 10 e et 3 e corps très éprouvés avaientreculer, et ce repli avait entraîné, à leur droite, celui du1 er corps qui avait abandonné les passages de la Meuse .Le 18° corps navait pas été engagé.

Les 3 e et 4° armées avaient rencontré lennemi dès ledébut de la journée. La 3 e , au prix de pertes assez sérieuses,sétait établie sur le front Joppecourt-Virton ; la 4 e avait

(1) Javais connu le capitaine Pellé à Madagascar , et javaisappris à estimer ses hautes et remarquables qualités. Aussi, dèsles premiers jours de la guerre, je demandai au ministre de mettrele colonel Pellé, qui se trouvait au Maroc , à ma disposition. Cettedemande fut agréée et le colonel Pellé me rejoignit au momentcommençait la bataille des frontières.