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le XII e corps, le 4 septembre, à Condé-sur-Marne, entreÉpernay et Châlons.
L’armée du prince de Wurtemberg (IV e armée) avaitatteint le 5 septembre la transversale Châlons, Franche-ville, Bussy-le-Repos.
Enfin, l’armée du kronprinz impérial (V e armée) se diri-geait vers le sud, de part et d’autre de l’Argonne (1).
Ainsi se trouvaient enfin réalisées les conditions straté-giques que j’avais envisagées le 25 août. On se rappellepar quelle suite de circonstances j’avais été obligé derenoncer à la manoeuvre d’enveloppement conçue à cettedate, d’en essayer une autre, et voilà que, grâce aux mou-vements de l’adversaire, la manœuvre esquissée le 25 aoûtapparaissait de nouveau réalisable.
Mais, pour avantageuse que fût la situation d’ensemble,maintenant surtout que je pouvais compter sur la coopé-ration britannique, on conçoit que j’étais assailli néan-moins de lourdes préoccupations.
Malgré les assurances que m’avaient donné le 4 sep-tembre les généraux Foch et Franchet d’Esperey , cetteoffensive déclanchée subitement avec des armées fatiguéespar une épuisante retraite représentait un problème pleind’aléas. J’ai dit dans le chapitre qui précède que, pourdonner aux troupes le temps de se reprendre et de s’orga-niser, j’eusse préféré n’engager la bataille que le 7 ; on a vupour quelles raisons j’avais été obligé de renoncer à cecourt délai qui eût été si utile à nos armées. Néanmoins,pas un intant je n’ai mis en doute que nos soldats et nosofficiers ne fussent moralement à hauteur de la tâche quej’allais leur demander. Les comptes rendus montraientque les troupes et les états-majors, étonnés de cette longueretraite dont ils ne percevaient pas la nécessité, ne deman-daient qu’à marcher de nouveau en avant. En un mot,grâce à la précaution que j’avais prise quelques joursauparavant de prévenir les commandants d’armée des
(1) Bulletins de renseignements du G. Q. G. en date des 5 et 6 sep-tembre 1914.