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PRÉFACE
pour aller chercher des clients nouveaux au besoinjusqu’au bout du monde.
L’ouvrier moderne, l’ouvrier de la grande indus-trie, mieux payé qu’autrefois, ayant plus de be-soins, pouvant mieux y satisfaire, figure en rangtrès honorable parmi ces consommateurs nouveaux.Grâce aux combinaisons de la mutualité, de là coo-pération, il améliore sa condition et s’élève au ni-veau de la classe moyenne.
L’ouvrier cotonnier du Lancashire habite avec safamille une maison saine et spacieuse ; ses fillesapprennent le piano ; il est assuré sur la vie, contrela maladie, les accidents, le chômage. Sur son budgetannuel figure une somme destinée aux « voyageset excursions de vacances ». 11 est infiniment plusà l’aise que bon nombre d’employés. Grâce à lacollaboration de la machine, aux perfectionnementsde l’industrie, il gagne plus sur un produit qui sevend meilleur marché.
Mais, dira-t-on, c’est là du rêve, de la fantaisie, ou,tout au moins, un résultat particulier du tempéra-ment, des qualités spéciales de l’ouvrier anglais, dela nature de l’industrie prise pour exemple.
Eh ! bien ! non !
M. de Schulze- Gävernitz, pour sa thèse, afait choixde l’industrie du coton, parce que c’est, en quelquesorte, le type le plus âgé, l'alma mater, de lagrande industrie. Il établit, pièces en main, qu’en1830, il y a soixante ans, les ouvriers cotonniersdu Lancashire, aujourd’hui si prospères, étaientexactement dans la condition où les ont vus et décrits