PRÉFACE
XI
Ricardo, John-Stuart Mill, Marx, Mme Gaskell, etc.Leur sort s’est amélioré dans la proportion mêmeoù l’outillage et l’organisation commerciale de l’in-dustrie cotonnière se sont perfectionnés. Et il en estde même de l'industrie du fer, de la constructiondes navires, etc. Comme complément de preuves,M. de Schulze-Gävernitz retrouve, en Allemagne,une industrie cotonnière dans une situation corres-pondant à celle de l’industrie cotonnière anglaise en1830, et, corrélativement, une population ouvrièreen proie aux mêmes misères que celles décrites parles économistes et philanthropes anglais de cetteépoque.
La démonstration, présentée avec une dialectiquemagistrale, est donc complète. En attribuant à lagrande industrie, par un post hoc ergo propter hoc,les souffrances de l’ouvrier du commencement dusiècle, économistes et socialistes se sont trompés,non sur la réalité, mais sur la cause de ces souf-frances, uniquement imputables à la transition d’unecondition inférieure à une condition supérieure.
C’est comme si, au moment où les chemins defer, remplaçant les diligences, ont mis sur le pavéun certain nombre de cochers et de postillons, onavait fait à la locomotive un crime de la misère deces pauvres gens, misère d’ailleurs temporaire,puisqu’aujourd’hui le seul camionnage des voiesferrées emploie, dans des conditions bien plus avan-tageuses pour eux, cent fois, mille fois, cent millefois peut-être plus d’hommes que les antiques pata-ches.