M. DE BISMARCK.
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de Paris son fouet à la main. Nous n’admettons pasen France que, entre l'absolutisme et la démocratie,le mariage soit possible. Et pour aller jusqu’au boutde la vérité, à Paris , laissez-moi vous le dire, l’opi-nion publique n’a pas pris au sérieux votre projetde parlement national : on n’a vu là qu’une machinede guerre fort bien imaginée, et l’on croit générale-ment que vous êtes l’homme à briser cet instrumentaprès vous en être servi, et le jour où il deviendraitincommode ou inutile.
«—A la bonne heure, me répondit M. de Bismarck,vous allez au fond des choses. En France , je le sais,je jouis de la môme impopularité qu’en Allemagne .Partout on me rend seul responsable d’une situa-tion que je n’ai pas faite, mais qui s’est imposée àmoi comme à tous. Je suis le bouc émissaire de l’o-pinion publique, mais je m’en tourmente peu. Jepoursuis, avec la conscience parfaitement tranquille,un but que je crois utile à mon pays et à l’Allemagne .
« Quant aux moyens, je me suis servi de ceux quise sont offerts à moi, à défaut d’autres. Sur la situa-tion intérieure de la Prusse , il y aurait bien deschoses à dire. Pour la juger avec impartialité, ilfaudrait étudier et connaître à fond le caractèreparticulier des hommes de ce pays. Tandis que la