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51. DE BIS5IARCK.
surtout qu’on la croit bonne. D’ailleurs, au sujetde l’armée, je partage entièrement sa manière devoir
« Il y a seize ans, je vivais en gentilhomme cam-pagnard, lorsque la volonté souveraine me désignacomme envoyé de la Prusse auprès de la diète deFrancfort . J’avais été élevé dans l’admiration, jepourrais dire dans le culte de la politique autri-chienne. II ne me fallut pas beaucoup de tempspour perdre mes illusions de jeunesse à l’endroit del’Autriche , et je devins son adversaire déclaré.
« L’abaissement de mon pays, l’Allemagne sacri-fiée à des intérêts étrangers, une politique caute-leuse et perfide, tout cela n’était pas fait pour meplaire. J’ignorais que l’avenir dût m’appeler à rem-plir un rôle ; mais dès cette époque je conçus l’idéedont je poursuis la réalisation aujourd’hui, celle desoustraire l’Allemagne à la pression autrichienne,du moins cette partie de l’Allemagne unie par sonesprit, sa religion, ses mœurs et ses intérêts auxdestinées de la Prusse, l’Allemagne du Nord. Dansles projets que j’ai mis en avant, il n’est pas ques-tion de renverser des trônes, de prendre à celui-cison duché, à tel autre son petit domaine. Le roi,d’ailleurs, n’v prêterait pas la main. Et puis il y a