M. DE BISMARCK,
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les relations (le famille, le cousinage, une foule d’in-fluences hostiles contre lesquelles j’ai eu à soutenirun combat de toutes les heures.
« Tout cela, pas plus que l’opposition avec laquellej’ai eu à lutter en Prusse , n’a pu m’empêcher de medévouer corps et âme à cette idée : l’Allemagne duNord constituée dans sa forme logique et naturellesous l’égide de la Prusse . Pour atteindre ce but, jebraverais tout : l’exil et môme l’échafaud. Et j’ai ditau prince royal, qui, par son éducation et ses ten-dances, est plutôt l’homme du gouvernement parle-mentaire : qu’importe si l’on me pend, pourvu quema corde de pendu attache solidement votre trône
« .— Puis-je aussi vous demander, monsieur leministre, comment vous entendez concilier la libremission d’un parlement national avec le traitementrigoureux qu’a subi la chambre de Berlin ? commentsurtout vous avez pu décider le roi, représentant dudroit divin, à accepter le suffrage universel, qui estle principe démocratique par excellence? »
M. de Bismarck me répondit vivement :
« — C’est une victoire remportée après quatreannées de luttes !. Quand le roi m’a appelé, il y aquaire ans, la situation était des plus difficiles. Sa