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3 (1895) Politische Schriften von 1848 bis 1868
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mande enregistrait nn nouvel exemple, le plus lamentablede tous, de linanité des espérances quelle avait fondéessur la royauté prussienne.

M. de Bismarck se signalait naturellement aux pré-férences du régime qui avait si textuellement suivi sonprogramme; dautant plus quil sétait fait remarquer non-seulement par lexcentricité de ses opinions, mais encorepar la vivacité et la promptitude de son esprit. M. deBismarck nest pas du tout ce quon appelle un orateur,mais, à travers limperfection de son débit, il domine sonauditoire par lénergie et la rapidité du travail intérieurde sa pensée. Quoiquon affirme que l'habitude de parleren public, et la confiance dans les bonnes dispositions deses auditeurs lui aient dans les derniers temps passable-ment délié la langue, un de ses admirateurs, après avoirassisté à une séance du Reichstag , fait son portrait dansles termes suivants:Aucune grâce éloquente, aucuneampleur de parole, rieu qui entraîne lauditoire. Son or-gane, bien que distinct et intelligible, est sec et peusympathique, le timbre de sa voix est monotone; il sin-terrompt et sarrête fréquemment, quelquefois il lui arrivemême de bredouiller, comme si la langue récalcitranterefussait lobéissance, comme sil était obligé de chercherpéniblement les expressions conformes à ses idées. Sesmouvement inquiets, un peu balancés, nonchalants, nesecondent en rien leffet de sa diction. Cependant, aufur et à mesure quil parle, il surmonte ces difficultés,parvient à préciser ses expressions et finit souvent pardes sorties vigoureuses et soutenues, trop vigoureusesquelquefois, comme personne ne lignore." Il faut ajouterque son langage, pour mauquer dart, ne laisse pas dêtresouvent imagé. Son esprit net et lucide ne dédaigne pasle coloris, de même que sa constitution robuste nest pasexempte dirritabilité nerveuse.

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