M. de Manteuffel avait donc tontes les raisons pouremployer les forces d’un partisan si convaincu et si ca-pable. En mai 1851, il l’envoya à Francfort , en qualitéde premier secrétaire de légation auprès la diète restau-rée, et trois mois après, il le promut au grade d’envoyéprincipal, en remplacement de M. de Rochow. M. de Bis-marck a occupé ce poste pendant huit ans, jusqu’en 1859,et c’est dans ce long intervalle que s’est opéré dans sesidées le plus gros de cette métamorphose partielle dontle monde a depuis constaté les effets surprenants. Com-ment s’est accomplie cette transformation? sous quellesinfluences, par quelles étapes son esprit a-t-il passé?L’attention ne s’est portée sur ces questions que récemment.Avant la grande crise de 1866, ni le public ni M.de Bismarckn’avient éprouvé le besoin de s’expliquer sur ce côté dela question. Des bruits vagues avaient circulé au sujet derapports peu amicaux entre les représentants des deuxgrandes puissances allemandes à Francfort ; la médisanceles avait exagérés, même au point d’affirmer qu’un jourles démonstrations hostiles étaient sorties du terrain desaltercations verbales. Les deux diplomates qui selivraient alors ces assauts, en qualité de représentants deleurs cours à la diète, étaient les mêmes qui, plus tard,devaient se trouver en face l’un de l’autre en qualité deprésidents du conseil dans le combat décisif, dont leursescarmouches antérieures avaient été le prélude. Lecollègue de M. de Bismarck s’appelait M. de Rechberg.Depuis deux ans seulement que les événements ontrévélé toute la portée des projets préparés de si longuemain, la curiosité s’est aussi occupée du problème psycho-logique caché sous les grands traits de la catastrophehistorique de 1866. Si le dossier de cette enquête n’estpas encore complet, il renferme néanmoins beaucoup depièces d’un intérêt incontestable et qui valent bien la
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