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peine d’être consultées, en y mettant une certaine circon-spection.
Dans une conversation de date assez récente et que,pour cette raison même, nous ne donnerons que dans lasuite de notre récit, M. de Bismarck a eu soin de con-stater qu’en arrivant à Francfort , ses sympathies pourl’Autriche étaient d’une entière virginité. Il avait fait unevisite au grand prêtre du nihilisme conservateur, au princede Metternich , daus son château de Johannisberg, non loinde Francfort , et là sur les bords du fleuve classiquebaignant le pied de ces vignobles si chers au géniepoétique de la nation, l’entente cordiale pour l’anéantisse-ment du peuple allemand avait été célébrée dans unedernière idylle. M. de Bismarck et ses apologistes aimentà développer ce thème, que, placé face à face avec lesprocédés de l’Autriche , il n’eut qu alors l’occasion de laconnaître de près, de pénétrer sa détestable politique; bref,que ce fut une étude de morale diplomatique qui l’amenaà son chemin de Damas Nous en savons assez déjà dupersonnage que nous étudions pour être sur nos gardesen présence d’explications un peu trop imprégnéesd’idéalisme.
Traduite en prose, cette confession signifie, sans perdrede sa valeur, que le nouveau ministre, avec le besoind’activité et les facultés que nous lui connaissons, éprou-vait, dès son entrée aux affaires, le besoin impérieuxd’agir et d’être quelque chose dans sa sphère. Quandbien même il eût eu moins de sève et de fougue, il seserait heurté contre la résistance autrichienne ; d’autantplus que cette résistance, fondée d’ordinaire sur la forced’inertie, se trouvait par exception confiée à des individua-lités assez disposées à l’agression. La câlinerie sournoise,la fausse bonhomie de tradition à la cour de Vienne de-puis François II , ne convenaient ni à l’humeur du prince