pièce, se résume à peu près en ceci: notre position dansle Zollverein est gâchée; j’ai la conviction que nous de-vons en dénoncer le traité dès que le terme arrivera. Ilest impossible de continuer avec ce liberum, veto de vingt-huit gouvernements allemands appuyés sur une cinquan-taine de réunions parlementaires. Leur vanité les poussetoujours à se donner de l’importance en faisant valoirlenr égalité dynastique.
* Je crois, continue-t-il, que pour un Zollverein à transformeraprès 1865, il faudrait puiser dans Vanalogie des projets unionistesde 1849, établir une espèce de parlement douanier. Les gouver-nements ne s’y décideront qu’à contre-cœur, mais avec de laliardiesse et de la persistance nous pourrions venir à bout debeaucoup de choses. Les chambres et la presse pourraient devenird’un puissant secours pour notre politique extérieure; ellesdevraient discuter le système des douanes allemandes, du pointde vue prussien , largement et sans ménagements. Alorsl’attention, maintenant blasée, se tournerait de nouveau verselles; il en résulterait pour la Prusse , que nos chambres devien-draient une puissance en Allemagne
Qu’on veuille bien le remarquer, ceci fut écrit dansune lettre privée, une année entière avant le commence-ment de la guerre, d’Italie , signal de réveil pour lesnations du continent, engourdies depuis 1849. Suffit-il,en présence de pareilles manifestations, d’expliquer unrevirement si frappant par quelques accès de mauvaisehumeur contre les procédés de la diplomatie autrichienne?N’est-il pas évident que M. de Bismarck subissait l’effetdu changement qui l’avait enlevé aux préoccupationsmesquines de la cour de Potsdam pour le placer sur leterrain de la politique européenne? N’aperçoit-on pasdistinctement dans les idées qu’il jette sur le papier lereflet d’un travail intérieur, qui aboutit forcément à cetteintuition: qu’il ne suffit pas de la rosée céleste du droitdivin pour régénérer une puissanee, une dynastie; qu’elle