est obligée, pour grandir, de s’assimiler les forces vivesdu sol dans lequel sont implantées ses racines? Sonpoint de départ était, à ne pas en douter, l’intérêt dyna-stique. Son éducation royaliste devait avoir identifié enlui la majesté du souverain avec celle du pays. Enélargissant sa pensée, il procéda par induction, et finitpar arriver au sentiment des vérités élémentaires, danslesquelles nous entrons, nous autres, de plain-pied. Nuldoute aussi qu’au fond de son âme il ne soit resté cequ’il était. Sa manière d’être se ressentira toujours deson point de départ et de son procédé inductif. C’estun empirique en matière de bien public; mais précisémentcet instinct supérieur, qui est le propre des grandsempiriques, l’a conduit à la découverte des lois que lascience fait sortir de sa synthèse par le procédé inverse.Depuis lonptemps le parti national était parvenu à cetteconclusion, qu’il fallait employer l’instrument de la royautéprussienne: enfin il se trouve un homme qui, partant dela royauté, comprend qu’il faut recourir au principe de lanationalité et de tout ce qui en découle. C’est de cetterencontre que sont sortis les événements.
Rien qu’en embrassant si vigoureusement la causedes intérêts économiques, M. de Bismarck laissa loinderrière lui les misères de son ancien parti, qui avaittoujours flairé dans le progrès de l’activité industriellel’approche de son ennemi mortel. Sous le règne précé-dent, M. de Kleist-Reezow, un des chefs et des types lesmieux réussis de la chambre des seigneurs, qui fut placéà la tête des provinces du Rhin en qualité de présidentdu gouvernement, ne manquait aucune occasion pourexhaler la sainte horreur que lui inspirait l’état florissantde ce pays intelligent et laborieux. Il déclarait dans sestournées, que le bruit des usines, l’aspect des hautescheminées lui faisaient mal au cœur, les qualifiant du