Druckschrift 
3 (1895) Politische Schriften von 1848 bis 1868
Entstehung
Seite
381
Einzelbild herunterladen
 

i

381

avec nos autres compatriotes dune façon plus étroite et plusefficace; il perd de son charme si on luse dès à présent enlappliquant à létat de choses représenté par la diète. Je crainsque Votre Excellence, à propos de cette excursion dans le do-maine de mon ancienne activité, ne marrête en me criant: negutor ultra crepidam! Aussi bien navais-je pas lidée de faire unrapport doffice, mais seulement de donner un avis dexpertcontre la diète. Je vois dans notre position au sein de la con-fédération, quelque chose de vicieux, que tôt ou tard nous seronsobligés de guérir ferro et igné, à moins que nous ne le soumettionsà temps et dans la saison favorable à un traitement sérieux.Je crois, que si aujourdhui la confédération se trouvait supprimée sans même être remplacée par autre chose, rien que cerésultat négatif suffirait pour développer sous peu des rapportsmeilleurs et plus naturels entre la Prusse et ses voisins allemands. "

Voilà mot à mot, au printemps de 1859, le pro-gramme de 1866. Rien ny manque, pas même la phrasequi, répétée plus tard devant un comité de la chambreprussienne, devait déchaîner contre son auteur toute lin-dignation des honnêtes gens, la thèse du feu et du fer.Mais le passage le plus intéressant est celui lécrivaintouche à cette question dominante: labsorption de laPrusse par lAllemagne, ou labsorption de [lAllemagne par la Prusse? Quel était alors le fond de la pensée deM. de Bismarck? En demandant à substituer plus tardle mot Allemagne au mot Prusse, navait-il recours quàce stratagème éternel des gouvernements, qui imposentdes sacrifices à leurs pays, en les consolant par la per-spective des avantages quils en recueilleront dans unavenir indéterminé? Pensait-il, en posant ce jalon, flatterles sentiments libéraux du supérieur auquel était adresséecette lettre, le comte Schleinitz, ministre de cette périodede modeste illusion, quon avait nomméelère nouvelle" ?ou bien était-il sincère? Contentons-nous pour le momentdavoir posé la question. Le développement de notreétude se chargera dy répondre.

i

/