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On vient de voir que la Prusse avait laissé clorel’incident de la guerre d’Italie sans profiter des conseilsdonnés par M. de Bismarck. Du côté libéral, ils n’avaientpas manqué non plus. Toutes les colères et toutes lesrancunes dont le cabinet de Yienne avait accablé celui deBerlin avaient plutôt intimidé qu’excité celui-ci. L’espritde la cour et les influences déjà signalées travaillaient àamener un rapprochement, en empruntant au patriotismeallemand quelques raisons spécieuses qui avaient fait,pendant la guerre, une impression profonde sur l’opinionpublique. Les passages méridionaux des Alpes , disait-on,étaient nécessaires à la défence de l’Allemagne , et enlaissant affaiblir Autriche , ajoutait-on, la nation se laissaitcouper un bras, sauf à perdre l’autre dans le conflit in-égal que la France ne tarderait pas à soulever dans unavenir prochain. Ainsi posé, l’argument avait d’autantplus de chances de prévaloir, qu’alors comme depuis, laFrance n’avait pas manqué de conseillers malencontreuxempressés à remettre en avant à tout propos la questiondes frontières du Bhin. Yers la fin de juillet 1860, l’ent-revue à Teplitz des souverains d’Autriche et de Prusse avait donné lieu à de nombreux commentaires sur desconventions secrètes destinées à garantir désormais lespossessions vénitiennes à la maison d’Habsbourg . Le22 août, M. de Bismarck écrivait de Saint-Pétersbourg ,une lettre dans laquelle il donnait cours aux appréhen-sions que ces bruits avaient fait naître dans son esprit.Il se plaint de n’être qu’incomplétement renseigné sur lapolitique intérieure de sa cour, et démontre que, quandmême on n’aurait conclu qu’un traité purement défensifavec l’Autriche , celle-ci saurait bien arranger les chosesde façon à provoquer l’attaque de la France en Italie . Ilse demande ce que les chambres prussiennes diront decette entrevue de Teplitz et de la réorganisation de
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