l’armée. Il s’attend à ce que tous le gens raisonnablesse rangeront, dans cette dernière question, du côté dugouvernement.
„Un correspondant bien informé, mais passablement bona-partiste, dit-il, m’écrit de Berlin ceci: A Teplitz, la bonhomieviennoise nous a joliment mis dedans, nous avons été vendus,et pas même pour un plat de lentilles. Plaise à Dieu qu’il setrompe!*
Et à propos de ce correspondant „un peu bona-partiste,* il se plaint dans les termes les plus vifs de ceque des journaux libéraux l’aient accusé de négocier avecla France et la Russie pour obtenir leur adhésion à decertains remaniements, sous la condition de leur faire descessions territoriales sur les frontières, notamment surles bords du Rhin .
„Jamais, s’écrie-t-il, je u’ai conseillé autre chose que decompter sur nos propres forces et sur l’appel aux forces natio-nales allemandes. Cette gent emplumée de la presse allemandene se doute donc pas, dans sa niaiserie, qu’en m’attaquant, elleva droit contre ce qu’il y a de meilleur dans ses propres ten-dances? — Puis, se tournant vers le parti féodal: — ah, dit-il,si j’étais un réactionnaire autrichien, la Gazette de la Croix auraitbien pris mon parti, mais puisque j’ai le malheur d’avoir desopinions à moi, on m’abandonne avec délices au dénigrement.*
Ainsi donc M. de Bismarck, momentanément reléguéau second plan de la question allemande, avait non-seule-ment continué de s’en préoccuper vivement, mais avaitmême fini par attirer l’attention publique sur la partactive qu’il y prenait. Le principe de fermentation quela paix de Villafranca avait laissé derrière elle sechargeait d’empêcher la cour de Berlin de retomber danssa nullité. La question de la Vénétie était une blessureouverte, et toute tentative nouvelle pour la guérir devaitremettre sur le tapis cette embarrassante alternative: