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assister l’Autriche contre la France ou l’Italie , ou profiterdes complications pour faire un pas en avant vers cettesuprématie allemande si ardemment demandée par une '
partie de la nation. Une année après la date de la lettreque nous venons de citer, M. de Bismarck s’était entretenuavec le roi à Baden (les eaux thermales ont le privilègede stimuler l’esprit politique); il avait exposé ses vues etavait fait impression. Tous ceux qui ont eu l’occasion decauser intimement avec M. de Bismarck lui reconnaissentcette qualité, propre aux hommes supérieurs et surtoutaux hommes d’Etat, de pouvoir fasciner, dominer, en-velopper son interlocuteur. Qu’on se figure ce politique,débordant depuis si longtemps des idées qui l’obsédaient,mis en présence de celui dont avant tout il s’agissait des’assurer le concours! Le roi ne se montra ni insensibleni prêt à se laisser entraîner. Au début de la régence,il avait eu son moment de popularité facile; comme toutautre, il y avait trouvé du charme. La reine, pendantqu’elle n’était encore que princesse de Prusse , avait tou-jours fait des efforts visibles pour gagner les sympathiesde la classe bourgeoise par les petits procédés de con-descendance si faciles aux grands. Peut-être faudrait-ilmême compter parmi les circonstances particulières de lasituation l’incident de l’attentat dont le roi avait failliêtre victime à Baden même. Le jeune Oscar Becker avait cru devoir faire disparaître de la scène le souveraininaccessible aux vœux de la nation. Qui sait si cettetentative criminelle n’avait pas suscité quelques réflexionssur la pensée qui avait poussé le jeune exalté à cet actede désespoir? L’histoire n’est pas sans exemple de pareilsenchaînements. L’air même du pays où la scène se pas-sait était favorable aux idées du novateur. Les habitants . »
du grand-duché sont les aînés des populations allemandesdans la jouissance de libertés politiques. Le grand-duc,