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il ne dépendait que de lui de choisir son moment pourprendre possession de la présidence du cabinet.
Une fois installé à Paris , il ne perdit pas son temps.Un seul été lui suffît pour amener la diplomatie françaiseà l’entente qui depuis devait créer à celle-ci de si gravesembarras. On a suffisamment devisé sur les conciliabulesqui auraient marqué le séjour de M. de Bismarck à Paris ,et surtout à Biarritz . Ne prétendant raconter que ce quipeut raisonnablement se savoir, nous n’essayerons pasde pénétrer dans le sanctuaire de ces confidences. Quel’intimité ait été grande, que les arrangements aient étésérieux, il est permis de le supposer en présence de cedétail bien significatif, que dans l’automne de cette mêmeannée, appelé à Berlin pour prendre définitivement ladirection du ministère, M. de Bismarck ne crut pas de-voir renoncer à l’honneur de retourner un moment à sonposte d’ambassadeur, afin de prendre congé en bonneforme, et sans doute aussi en vue d’une dernière ex-plication avec qui de droit.
Nous risquerions de fatiguer le lecteur en lui de-mandant de nous suivre à travers toutes les péripétiesde cette longue et douloureuse lutte, qui pendant troisans et demi souleva contre M. de Bismarck l’opinionpublique du monde civilisé. Maintenant que nous avonsassisté au cinquième acte de ce drame, que nous con-naissons les mobiles de l’action principale, nous sommespeut-être tentés de juger un peu moins sévèrement lesénormités auxquelles s’est laissé entraîner le ministre. Ilfaut lui accorder, qu’obligé de cacher son jeu non-seule-ment à son principal ennemi, mais encore à son alliéprincipal, il se trouvait dans une situation terriblementembarrassante. Peut-être même, faudra-t-il lui tenircompte de ce que, tout plein de son idée dominante,convaincu qu’elle était finalement justifiable, il s’impatien-