avec la déclaration qu’on se passerait d’elle pour lafixation du budget. Tous les défis et toutes les insultesfurent jetés à la face du pays. M. de Bismarck et sonprincipal collègue, M. de Roon, le ministre de la guerre,eurent des moments de cynique audace. Un jour un ora-teur ayant formulé des soupçons fort graves contre lesministres, et M. Yirchow ayant demandé qu’ils fussentinvités à assister aux débats afin de pouvoir répondre,M. de Bismarck sortit nonchalamment d’un cabinet atte-nant à la salle des délibérations et jeta à l’assembléequelques mots dédaigneux, déclarant qu’il était inutilede recommencer, attendu que dans la pièce où il était,on entendait suffisamment ce qui se passait entre cesmessieurs. Une autre fois il dit en pleine séance, enface des députés: „Quand nous serons d’avis de faire laguerre, nous la ferons avec ou sans votre approbation. “Le président ayant voulu arrêter un jour le ministre dela guerre dans une sortie antiparlementaire, celui-cis’écria que le président n’avait pas le droit de l’inter-rompre, qu’un ministre était au-dessus de la police dela salle et du contrôle présidentiel. Il en naquit un longconflit qui aboutit à une violation ouverte du principeconstitutionnel; le roi envoya aux chambres un messagedépourvu de toute signature ministérielle. En mêmetemps les chambres étaient congédiées (27 mai 1863).Qelques jours après, parurent les ordonnances sur lapresse. Le système des avertissements et des confiscations,visiblement importé du dehors, fut appliqué aux jour-naux; une pression violente fut ouvertement exercée surtous les fonctionnaires. Quiconque avait le courage de nepas plier était poursuivi à outrance, discipliné, envoyéau fond de la province. Le cri de l’indignation géné-rale s’éleva si haut, que le prince héritier lui-même neput se soustraire à l’émotion commune. Dans une ré-
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