Druckschrift 
3 (1895) Politische Schriften von 1848 bis 1868
Entstehung
Seite
416
Einzelbild herunterladen
 

416

Toujours est-il quau moment décisif il navait aucunappui moral dans la nation. A quoi lui avait-il servi demalmener, de compromettre lAutriche en la brouillantavec la confédération et avec lopinion publique? Le jour il accusait la cour de Vienne de vouloir la guerre,davoir fait des armements dans ce but, cette ironiecruelle, cette provocation adressée au bon sens obligeaittout homme impartial de prendre la défense de lAutriche contre ces insinuations encore plus ridicules quodieuses.Le jour la Prusse attaqua lAutriche , le peuple alle-mand, toujours prêt à prendre les choses politiques ducôté sentimental, ne vit plus pour un instant dans ceconflit que la lutte dun agresseur coupable contre unevictime marquée davance. Le grand nombre avait tou-jours repoussé lidée de cette guerre comme une chosemoralement impossible. Il en advint quen présence dufait saccomplissant, lopinion se trouvait prise au dé-pourvu.

Il se trouva des gens enferrés dans leur convictionpour crier encore que la Prusse noservait jamais, quandelle avait déjà livré plusieurs combats. Lopinion publiqueétait donc réduite à faire une des opérations les plusdifficiles de la tactique, un changement de front sur lechamp de bataille même.

Les premiers à se décider furent ceux qui, une foisla lutte entamée, jugèrent la question simplifiée du toutau tout. Dès ce moment, ils ne demandèrent plus quiétait 1 agresseur ni qui avait le plus provoqué le partilibéral. Ils ne virent que les deux principes incarnésdans la Prusse et dans lAutriche . Ils se décidèrentaussitôt pour la Prusse . En seconde ligne vinrent ceuxpour lesquels la question dexistence qui se débattaitentre les deux gouvernements nétait pas une cause dé-terminante. Il fallait quils vissent toute lintelligence et