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toute la vigueur d’un côté, toute l’ineptie de l’autre pourcomprendre où était la vie et l’avenir. L’adhésion deceux-là vint avec la victoire. Les derniers, enfin, furentceux qui eurent besoin de toucher du doigt, de voir unenouvelle organisation installée, des trônes supprimés, leNord doté d’une constitution, le Midi appelé à un rendez-vous prochain, pour avouer qu’un grand pas était fait;qu’en tout cas il ne fallait plus penser à arrêter l’Alle-magne dans cet élan vers son unité véritable et complète.Le nombre de ces derniers n’est pas encore épuisé. Ilaugmente tous les jours.
Si M. de Bismarck était loin de représenter cettecause populaire dans toute sa pureté, on ne put au moinslui contester qu’il eût fait un pas énorme depuis son en-trée dans la vie politique. L’homme qui, en dictant lapaix de Nickolsbourg, et presque sur le champ de ba-taille, proclama la nécessité de créer des chemins de fer,des débouchés pour le commerce, la liberté de l’industrie,n’était évidemment plus le même qui, en 1849, le 18 oc-tobre, dans la discussion sur la liberté des métiers, avaitdemandé qu’on limitât le nombre des apprentis danschaque profession, et que les maîtrises fussent autoriséesà prescrire la qualité et à fixer le prix des produits. Iln’appartenait plus, après son alliance avec Victor-Em-manuel, à son ancien parti qui avait envoyé un bouclieren vermeil au roi de Naples . L’homme qui se montrait,en 1849, l’antagoniste par principe de toute amnistie, de-vait arracher au roi, en 1866, dans la nuit même quiprécéda l'entrée des troupes à Berlin , le décret procla-mant la remise de tous crimes et délits politiques. Luiaccorder un esprit flexible, ouvert aux idées du progrès,c’était lui faire une concession d’une portée d’autant plusgrande, qu’on ne pouvait refuser à un homme de saperspicacité le don de prévoir la conséquence de sesSubtuifl SBombetger’S ©ef. ©djriftcn m. 27