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3 (1895) Politische Schriften von 1848 bis 1868
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propres actions. Qui voudrait le soupçonner davoirignoré que délivrer Venise, cétait attaquer Rome; quebattre lAutriche , cétait briser le concordat et relever laHongrie; quunir lAllemagne , cétait rompre avec la lé-gitimité?

Mais sil était décidé, lui, à ne pas reculer devantles conséquences de son entreprise, il avait affaire enpremière ligne à des personnages dominés par un espritbien différent.

Les allusions à cet ordre de choses ne se rencontrentpas dans les confessions de M. de Bismarck qui précè-dent son entrée au ministère; mais elles reviennent etsaccentuent de plus en plus, au fur et à mesure quesa politique savance vers le dénoûment suprême. Ilfallait bien compter alors avec toutes les forces vraiesdu pays ; il fallait penser au concours des patriotes éclairéset à lélan des masses libérales. Car il fallait bien envi-sager léventualité dune défaite.

M. de Bismarck navait pas eu de relations person-nelles avec lopposition parlementaire pendant la périodedu conflit soulevé par la réorganisation militaire et linter-prétation de la constitution. Mais au commencement dejuin 1866, lorsque la guerre était devenue inévitable, ilchercha à entrer en pourparlers avec quelques-uns deses adversaires les plus influents et les plus intelligents.

Il les fit prier de la manière la plus significative

daccepter des entrevues confidentielles avec lui, dans les-quelles il leur posa surtout la question de savoir silsvoteraient les fonds nécessaires à la guerre, et sils le

soutiendraient dans le cas dun revers? Il les conjura

dabdiquer pour un moment leur antagonisme et de nepenser quà la patrie. On lui répliqua que cétait luiqui avait creusé un abîme entre le pays et la royauté,par la manière insensée dont il avait constamment froissé