but suprême sans me mettre sur le dos la presse et leschambres. Il y a de grandes choses qu’on ne peut ob-tenir avec des discours et des votes. Il faut avoir cinqcent mille baïonnettes. — M. de Bismarck n’eut pas dedifficulté à prouver à ses interlocuteurs, dans ces épan-chements pleins des aveux les plus intéressants, qu’ils nepouvaient pas désirer le voir se retirer dans ce momentsuprême; quant à lui-même, il ne pouvait pas non plus,ajoutait-il, augmenter les difficultés de sa position enadoptant une politique radicalement différente de celledes dernières années. Je peux déposer mon portefeuille,dit-il, mais je ne peux pas du jour au lendemain avoirl’air de tourner casaque, d’autant plus que cela ameute-rait contre moi tout ce qui est hostile à ma grande po-litique. — De telles explications, données dans le tond’une loyale aménité, finirent par préparer une ententeentre le ministre et une partie notable de l’opposition,qui décida de le soutenir, non après la victoire remportée,mais bien avant que le canon de Sadowa fût venu enaide à ses arguments.
Celui qui réunirait les déclarations déposées parM. de Bismarck dans des notes et des discours officiels,depuis qu’il est au pouvoir, y retrouverait toujours lasubstance de ces entretiens, les mêmes idées fortementserrées les unes contre les autres: volonté de régénérerl’organisation allemande, subordonnée à la nécessité dedisposer d’une grande force matérielle, afin de battrel’Autriche , et à côté de cette thèse, le sous-entendu reve-nant à tout propos, que le plus difficile est de gagner àcette cause l’esprit du roi. Le problème était d’une na-ture d’autant plus délicate que le roi, honnête à sa façon,se croyait toujours dans son droit, quand il insistait surles plus grandes hérésies, en fait de légalité constitution-nelle. Il trouvait monstrueux qu’une opposition parlemen-