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3 (1895) Politische Schriften von 1848 bis 1868
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taire prétendit se mêler du choix de ses ministres et desdépenses affectées à larmée, ne cessant pas pour si peude protester de sa fidélité envers la constitution. Jus-quen 1848, il navait vu dans lÉtat que deux choses:la royauté et larmée, et ses opinions passaient pour siabsolues quau moment de la révolution, la cour ellemême lavait prié de se dérober au ressentiment public.Pendant longtemps on vit inscrit, en grands caractères,sur son palais: ^Propriété nationale." Il nétait alors quelhéritier présomptif du trône. Le souvenir poignant deces jours fit de lui le chef naturel de la contre-révolution.Il commanda la campagne contre le soulèvement badoisde 1849, et signa les nombreux arrêts de mort qui at-tristèrent cet épisode, sans se laisser attendrir ni parlillustration des patriotes, ni par lintégrité des citoyens,ni par lâge des jeunes gens dont les tribunaux militairesdemandaient le sang. Depuis cette époque, quand lesmonarques de Prusse entendaient de temps en tempsmonter jusquà leur palais lécho de quelques murmuresde la population berlinoise, ils avaient lhabitude de direquils nigoraient pas que les révolutionnaires les me-naçaient du sort de Louis XVI .

Croit-on que ce fût chose facile de bâtir sur ce ter-rain lalliance avec lItalie et la Hongrie contre les Habs-bourg et les Hanovriens? Et pendant que le roi éprou-vait les hésitations inspirées par ses sentiments légi-timistes, il néchappait pas non plus aux influences delhorreur que la guerre inspirait au parti libéral. Lareine, une descendante des Princes Mécènes de Weimar,moins inaccessible aux idées modernes, partageait à cetégard la répugnance qui agitait la nation elle-même. M.de Bismarck se voyait donc dans la nécessité de con-quérir lesprit du roi, non-seulement sur lui-même, maisencore sur tout son entourage le plus intime. La guerre