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était déjà déclarée que derrière le dos du premier mi-nistre, mais au su du roi, la cour négociait encore avecl’Autriche . Obligé de faire face à tous les embarras decette situation, le ministre sans doute était toujours plusprompt à sacrifier les prétentions du pays que celles dela royauté; néanmoins son esprit ne fut jamais entière-ment fermé aux objections de la partie adverse. , ; Je passema vie,“ avait-il coutume de dire, „à faire l’office de tam-pon entre le roi et les libéraux.“ Ce dualisme gouverne-mental n’était pas uniquement représenté par la différencede vues existant entre le roi et son premier ministre,mais encore par la divergence peut-être plus grande entrece dernier et ses principaux collègues, qui étaient desconservateurs pur sang. Cette divergence d’opinions dansle sein d’un même gouvernement, inadmissible ailleurs,n’a rien qui jure avec les traditions de la cour de Berlin .L’Etat prussien est avaut tout l’œuvre personnelle deFrédéric-Guillaume I er et de son fils le grand Frédéric.Tout le système porte encore aujourd’hui l’empreinte deces deux fortes individualités. L’un et l’autre étaient lesmaîtres uniques et absolus du royaume, connaissaientseuls l’ensemble des affaires, veillaient même avec unecertaine jalousie à ce que les ministres n’étendissent pasla connaissance des affaires au delà de leur département 1 ).A la mort de Frédéric, la gestion des finances même étaitsi éparpillée dans des bureaux différents, qu’on ne possé-dait aucun ensemble de la situation, et que dans le publics’était répandu le bruit absurde que le roi avait volon-tairement détruit les comptes pour créer des embarras àson successeur. Son père n’avait jamais voulu permettreque les ambassadeurs étrangers vissent un ministre, et lefils suivait cet exemple. Jamais les ministres ne se ré-
Twesten, der preussische Beamtenstaat.