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3 (1895) Politische Schriften von 1848 bis 1868
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unissaient en conseil, néchangeaient leurs opinions; sou-vent, pendant des périodes fort longues, ils ne voyaientpas même le roi, avec lequel ils ne communiquaient quepar écrit et seulement sur des matières dun ordre toutà fait secondaire.

Ou raconte de Frédéric-Guillaume III , qui est morten 1840, quil était resté dix ans sans recevoir son mi-nistre en activité de service, M. von Altenstein; sous sonsuccesseur, lavant-dernier roi, il nétait pas rare den-tendre un ministre se plaindre de ce quil ne pouvait pasarriver jusquau prince pour lui faire son rapport sur uneaffaire. Sous Frédéric-Guillaume II , le contemporain dela révolution française, les favoris, très-nombreux, desaventuriers de toute espèce, traitaient les ministres duhaut en bas, et même sous le règne actuel, ces anomaliesnont commencé à disparaître que depuis peu. Il y adeux ans seulement quun certain nombre dofficiers su-périeurs composant ce quon appelle le «cabinet militaire*tout fait en dehors de la constitution, à coté des mi-nistres, primaient souverainement linfluence de ces der-niers. Cest dans ce cabinet militaire que les grandesquestions furent agitées de la façon la plus intime et laplus décisive; et lou comprend comment ce dualismesaccordait avec cette tradition dans la famille des Hohen-zollern, que lÉtat cest avant tout les soldats et que lessoldats leur appartiennent. Encore a lheure quil est, ilarrive parfois que le roi interrompt son travail avec lesministres quand on lui annonce un colonel. Avec ceshabitudes, avec cette manière de voir, on peut se figurerce quétait un régime constitutionnel interprété par unroi de Prusse , et lon naura plus de peine à croire quele souverain regardait ses ministres comme ses serviteurspersonnels, et nadmettait pas quil eût à consulter autrechose que son goût pour les choisir ou pour les renvoyer.