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3 (1895) Politische Schriften von 1848 bis 1868
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Quand on lui démontrait que tel des ministres exaspéraitle pays sans bénéfice pour la couronne; quil était non-seulement tracassier, mais incapable et paresseux; le roirépondait que les manières de lhomme ne lui déplaisaientpas et quil était accoutumé à travailler avec lui. Quandon insistait, le roi se lamentait à lidée quon voulût leséparer, lui septuagénaire, dun serviteur fidèle; et quandon ne cédait pas à cette considération il se fâchait ettournait les talons.

En 18G6, le ministère était composé de trois élémentsdifférents: MM. de Bismarck et de Roon représentantlaristocratie éclairée, active, relativement accessible auxidées du temps, aux conditions du progrès; à côté deuxM. Von der Heydt, le ministre des finances, spécialité degrand talent, survivant à tous les régimes, faisant dulibéralisme ou de la réaction à volonté; enfin, la féodalitépure était représentée par le ministre de lintérieur, comteEulenbourg, et celui de la justice, comte Lippe, tous lesdeux excessivement bien en cour. Les titulaires du culte,du commerce et de lagriculture ne venaient quen sous-ordre.

Ceux qui, après comme avant 1866, sobstinent à nevoir en M. de Bismarck que le chef de la contrerévolutioneuropéenne, se sont toujours ingéniés à nier le conflitlatent quil soutenait depuis longtemps contre les plusarriérés de ses collègues. Ils ont notamment toujoursprétendu que lhostilité que le premier ministre montraitcontre le comte Lippe, ministre de le justice, nétait quepure comédie; ils en ont fait lobjet de leurs risées 1 ).Mais les événements les ont complètement désavoués. Car

l ) A ce propos on a inventé le terme de Zwei-Seelen-Ministe-rium (ministère aux deux âmes) en parodiant un vers bienconnu en Allemagne