Druckschrift 
3 (1895) Politische Schriften von 1848 bis 1868
Entstehung
Seite
436
Einzelbild herunterladen
 

436

allemand daprès les points de vue que nous venons demettre en évidence. Ce régime personnel et monarchiqueen haut, cette résignation en bas (autant en Prusse quedans les petits Etats, seulement moins visibles à lœil nu),coïncident avec un développement intellectuel et une sus-ceptibilité morale à la hauteur de n'importe quel pays dumonde. Lhomme dEiat qui a si fortement compromisla réputation de la nation est, certainement, un desmoins disposés à lui contester sa valeur intrinsèque. 11en exprimait un jour la pensée dans sa manière sar-castique, en disant, dans un comité parlementaire, quelAllemagne était peut-être trop avancée pour supporterune constitution. Mais ce qui lintéressait avant tout dansson impatience dagir et avec sa méthode pratique, cétaitle statu quo du moment. Cette appréciation énergique,outrée peut-être, de la force inhérente au statu quo,formait le plus vif contraste avec la manière de voirdune opposition essentiellement idéaliste. Plus un peuplese laisse absorber par les travaux de lesprit, plus il estexposé à trop peu compter avec la puissance des forcesétablies qui le tiennent enchaîné à son passé. La partieéclairée de la nation, très-considérable par le nombre,avec la soif dinstruction et le cosmopolitisme qui lacaractérisent, avait vécu non-seulement de sa vie propre,mais aussi de la vie de tous les pays de civilisationmoderne. Ayant participé par la pensée à tous lesgrands mouvements réformateurs, elle croyait pouvoir con-tinuer les travaux interrompus de laffranchissementgénéral, au point dautres les avaient laissés. Maisce principe des économistes: que le travail accumulé seulconstitue la valeur, est également vrai dans la loi du dé-veloppement humain. Les résultats féconds des entre-prises révolutionnaires dépendent avant tout du travailintérieur qui les a engendrées. Croire quon peut béné-