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Les Origines de la guerre mondiale d'après les publications des puissances de la Triple entente / par Karl Helfferich
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2. Les prétendus préparatifs militaires de l'Allemagne contre la Russie.

Au cours de cette période critique, le Ministre des Affaires étran-gèresdeRussie a reçu chaque jour plusieursfois chez lui l'ambassadeurdAllemagne et s'est entretenu avec lui. Si donc le Gouvernementrusse croyait avoir connaissance de mesures de mobilisation del'Allemagne, soi-disant vieilles de 6 jours déjà, c'est-à-dire datantdu 25 juillet (Livre jaune No. 118), rien n'eût été plus naturel de la partde Monsieur Sasonoff que de demander au comte Pourtalès desexplications à ce sujet ou de l'aviser que ces mesures ne pouvaientrester sans réponse du côté de la Russie . Une pareille démarchede M. Sasonoff concernant les prétendus préparatifs allemandseût été parfaitement de mise en cette circonstance, le comtePourtalès ayant signalé à plusieurs reprises les dangers despréparatifs militaires de la Russie ; par exemple le 29 juillet, alorsque M. Sasonoff se contenta de répondre «que les préparatifsrusses sont motivés: d'un côté, par l'intransigeanceobstinée de l'Autriche , d'autre part, par le fait que huitcorps austro-hongrois sont déjà mobilisés". (Livre jauneNo. 100.) Le 30 juillet également, le comte Pourtalès est revenusur les préparatifs russes, sans que M. Sasonoff ait cru devoir poserà son tour une question sur les mesures de mobilisation attribuéesà l'Allemagne (Livre jaune No. 103). De même, dans sestélégrammes à l'Empereur d'Allemagne, le Tzar ne fait allusionà aucun moment ni à aucune place à des mesures militairesallemandes quelconques, pourtant invoquées par son Gouvernementcomme motif de la mobilisation générale russe.

L'invraisemblance de ce prétexte se trouve d'ailleurs pleinementétablie par un fait que confirme le Livre jaune français (No. 102):le 29 juillet encore, le chef de l'état-major russe a donné à l'attachémilitaire allemand sa parole d'honneur que les mesures militairesde la Russie étaient dirigées exclusivement contre l'Autriche , maispas contre l'Allemagne . Le chef d'état-major eût-il osé aller aussiloin, si la Russie avait cru alors avoir à se plaindre des mesuresmilitaires de l'Allemagne ? En admettant même que le Gouvernementrusse eût reçu ultérieurement avis de préparatifs militaires menaçantsde ce genre comme M. Sasonoff l'a prétendu vis-à-vis des