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Les Origines de la guerre mondiale d'après les publications des puissances de la Triple entente / par Karl Helfferich
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arms. Direct British interest in Servia were nil,and a war on behalf of that country wouldnever be sanctioned by British public opinion."

(Je ne pouvais parler naturellement au nom de monGouvernement; mais personnellement, je ne voyais aucunmotif d'attendre de mon Gouvernement une déclaration desolidarité quelconque, impliquant l'obligation absolue d'unappui armé en faveur de la Russie et de la France. Lesintérêts directs de l'Angleterre en Serbie étantnuls, une guerre à cause de ce pays n'obtiendraitjamais la sanction de l'opinion publique anglaise.)Il n'est pas possible d'établir positivement quelle fut encette circonstance l'attitude de l'ambassadeur de France. LeLivre jaune français ne souffle mot de cette importante conver-sation, chose assez surprenante, et Sir G. Buchanan se contente dedire dans son rapport que son collègue français lui a «donné àentendre" (gave me to understand) que la France rempliraittoutes les obligations imposées par son alliance avec la Russie .Une pareille attitude laissait ouverte la neutralité de la France dans une guerre offensive de la Russie . En réalité, comme nousle verrons plus loin, la France n'a donné que dans une périodepostérieure, au Gouvernement russe, l'assurance de son concoursarmé sans condition.

Examinons maintenant les diverses phases qui ont déterminéla conduite de la France et de l'Angleterre .

LA FRANCE .

Le Gouvernement français se trouvait évidemment en présenced'un pénible dilemme. D'une part, toute sa politique depuis delongues années le liait étroitement aux destinées de la Russie ;d'autre part, se ranger les yeux fermés au côté de son alliéedans cette mauvaise affaire serbe, et risquer seule avec la Russie une guerre contre l'Allemagne et l'Autriche , entraînait une respon-sabilité des plus lourde.

Une double crainte agitait les hommes d'Etat français : d'abordcelle de susciter la méfiance du Gouvernement russe et d'isolerla France , en relâchant les liens de l'alliance franco-russe. Puis