que l'autre la respecte, il deviendra extrêmement difficile ,decontenir le sentiment public anglais . Le prince Lichnowskydemanda alors à son tour si l'Angleterre voulait s'engager à resterneutre, dans le cas où l'Allemagne prendrait l'engagement derespecter la neutralité de la Belgique . Grey éluda la réponse,assurant que le Gouvernement anglais avait encore les mains libres,et était sur le point de décider ce qu'il avait à faire. Tout cequ'il pouvait dire, c'est que. sa conduite était dirigée dans sonensemble par l'opinion publique, pour laquelle la neutralité belgeconstituait un facteur important. Mais, d'après son avis, l'Angleterre ne pouvait pas promettre sa neutralité uniquement à cause decette condition. Le prince Lichnowsky pressa alors le Secrétaired'Etat anglais de lui formuler les conditions sous lesquellesl'Angleterre conserverait sa neutralité. «He even suggestedthat the integrity of France and her colonies might beguaranteed." (11 suggéra même qu'on pourrait garantir l'intégritéde la France et de ses colonies.) Mais Sir E. Grey se contenta dela réponse suivante: »I felt obliged to refuse definitelyany promise to remain neutral on simular terms, andI could only say that we must keep our hands free."(Je me sentis obligé de décliner définitivement toutepromesse de neutralité sur la base de pareilles con-ditions, et je ne pus que dire que nous désirionsconserver les mains libres.) Tel le propre récit de SirEdward Grey sur cet entretien dans la matinée du 1 er août.
L'Allemagne alla même plus loin dans ses concessions pourfaciliter la neutralité anglaise. Le Chancelier de l'Empire a déclaréau Reichstag, le 4 août, qu'il avait offert au Gouvernement anglais «l'abstention de la part de notre flotte de toute attaque contre lescôtes du nord de la France, aussi longtemps que l'Angleterre resterait neutre". Et le Chancelier ajouta: «nous étions prêts enoutre, aussi longtemps que l'Angleterre resterait neutre, à n'entre-prendre, à condition de réciprocité, aucune opération hostile contrela marine marchande française".
Le Livre bleu anglais est muet sur ces concessions. SirEdward Grey en a-t-il fait part au cabinet britannique? La questionreste ouverte. L'oubli, s'il a eu lieu, ne provient certes pas à