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Festschrift zum fünfhundertjährigen Geburtstage von Johann Gutenberg / im Auftr. d. Stadt Mainz hrsg. von Otto Hartwig
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LIMPRIMERIE EN FRANCE AU XVe SIÈCLE.

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Heynlin, de son côté, se préoccupa de faire venir les ouvriers typographes: MichelFriburger, Ulric Gering et Martin Crantz étaient tout à fait capables de répondre à sesespérances. Le premier, originaire de Colmar, avait étudié en lUniversité de Bâle ,il avait connu Heynlin et probablement il sétait exercé à limprimerie. Les deuxautres, Gering, à Constance, et Crantz, originaire, paraît-il, du même pays que deLa Pierre 28 , ne sétaient pas encore signalés. On a cité cependant le dernier comme chefdatelier dElias Elie à Beromunster , en 1469 & 1470 29 . Quels quaient été leurs maîtres,il est à remarquer que linfluence de Gutenberg et des ateliers mayençais se refléta dansleurs premiers travaux: comme la observé M. Madden 30 , ils imprimèrent dabord leformat in-4° par quinternions ; ce qui montre quils «avaient sinitier à la typographiedans lécole lon suivait plutôt les procédés de Gutenberg que ceux de Schôffer.

Les négociations de Heynlin avec eux commencèrent certainement avant son secondpriorat; peut-être même firent-ils leurs préparatifs dans les derniers mois de 1469.Comme ils napportèrent pas de matériel, ils eurent, en arrivant à Paris , à graverou faire graver des matrices, à fondre des caractères, etc. Les types quils adoptèrentleur sont tout particuliers: ils se rapprochent, il est vrai, de ceux quavaient employésà Rome Sweynheim et Pannartz dans des livres que de La Pierre possédait déjà, mais onnen connaît pas didentiques.

Fichet et Heynlin furent les véritables directeurs de cette presse. Heynlin lui-mêmechoisit le premier ouvrage à imprimer, et il en corrigea le texte: ce fut le recueil deslettres de Gasparino Barzizi de Bergame , qui, écrites dans un latin élégant, pouvaientservir de modèles à la jeunesse studieuse. Ce volume se présenta avec une lettre-préface de Fichet à de La Pierre, et se termina par quatre distiques latins offrant enhommage à la ville de Paris ce livre, premier produit en France de lart presque divininventé par lAllemagne et pratiqué par les imprimeurs Michel, Ulric & Martin 31 .

Il semble bien, daprès plusieurs circonstances et surtout daprès un passage de lafameuse lettre adressée par Fichet à Robert Gaguin le 1 er janvier 1471, que nos proto-typographes aient ensuite apporté leurs soins à la publication de Y Orthographia dumême Gasparino, dûment révisée par Heynlin. La date même de cette édition est donnéepar la lettre précitée: le 1 er janvier 1471, on en terminait limpression 32 .

Je ne puis quénumérer, sans my arrêter, les volumes qui sortirent, en 1471 et 1472,de lactive presse de la Sorbonne 33 . Ce furent dabord les oeuvres historiques de Salluste ,auxquelles les typographes ajoutèrent des distiques faisant allusion à la guerre déclaréepar Louis XI au duc Charles le Téméraire , ce qui place cette publication vers le moisde février 1471. Puis, peut-être, labrégé dhistoire romaine de Florus, que RobertGaguin présenta au public. Vint ensuite une oeuvre à laquelle tenait particulièrementFichet: les Orationes du cardinal Bessarion en faveur de la croisade contre les Turcs.Fichet, en considération de son illustre ami, se chargea de tous les détails et de tousles frais de limpression; les exemplaires une fois prêts (24 avril 1471), il les distribuaaux rois, cardinaux, princes, etc., qui pouvaient répondre à lappel de Bessarion.

Il fit ensuite composer par ses typographes son cours déloquence, sa Rhetorica : dèsle 15 juillet 1471, il pouvait en offrir un exemplaire au cardinal Rolin, son bien-faiteur 34 . Comme suite à cet ouvrage, il donna, après en avoir fait revoir le texte parHeynlin, le De Oratore de Cicéron et les Eloquentiae praecepta dAgostino Dati.