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Les Origines de la guerre mondiale d'après les publications des puissances de la Triple entente / par Karl Helfferich
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nements agiront en commun pour repousser une attaqueou pour maintenir la paix, et, dans l'affirmative, pouraviser aux mesures communes qu'ils sont prêts à adopter.Si ces mesures comportent une action, les plans desétats-majors seraient immédiatement examinés, et lesGouvernements auraient à décider quelles suites il con-viendrait de leur donner.

Votre, etc.

E. GREY.

Ce document historique prouve que depuis des années, lesétats-majors français et anglais des armées de terre et de meravaient élaboré et arrêté ensemble une action commune desarmées et des marines des deux pays. Contre qui pouvaientbien être dirigés ces plans de guerre? La réponse n'a même pasbesoin d'être formulée. Des conférences périodiques entre lesautorités militaires et navales françaises et anglaises servaientà tenir ces plans communs au courant. Les conditions d'uneopération effective des forces militaires et navales de la France et de l'Angleterre n'étaient pas stipulées, car la décision à cetégard demeurait soumise à chaque cas échéant.

Formellement, le Gouvernement anglais était donc autoriséà nier tout engagement de sa part entraînant des obligationsConventionelles envers la France. Toutefois, il est bienclair, matériellement, que l'établissement de plans communsd'opérations entre deux grandes puissances et le retour périodiquede conférences pour la discussion de ces plans, ne sauraientêtre envisagés comme un simple plaisir pour passer le temps.Le caractère d'intimité de pareilles relations, en mettant chaquepartie au courant des secrets militaires de l'autre, suppose déjà àlui seul qu'en principe, l'intention d'agir en commun, le cas échéant,est bien arrêtée de part et d'autre. Pour montrer sous son vraijour l'esprit fondamental de cette correspondance soi-disant sansobligations conséquentes, il suffit de rappeler ici que la France, s'appuyant sur le plan d'opération convenu avec l'Angleterre, avait concentré sa flotte dans la Méditerranée, et abandonné à laflotte britannique la protection de ses côtes du Canal et del'Atlantique. Osera-t-on prétendre que cette combinaison matérielle