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Les Origines de la guerre mondiale d'après les publications des puissances de la Triple entente / par Karl Helfferich
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quelconque; nous n'y trouvons pas trace d'une remontrance àl'adresse de ce procédé destructif, ni d'une tentative, si faiblefût-elle, pour obtenir de la Russie un ajournement de l'ordre demobilisation, ou pour demander des explications satisfaisantes pourl'Allemagne .

En revanche, Sir E. Grey fit un vain effort de renouer les négo-ciations, et d'amener l'Allemagne à conserver une attitude expectanteen état de mobilisation. Ce dernier espoir essuya un refus. LeSecrétaire d'Etat von Jagow s'en exprima en ces termes avecSir E. Goschen:La Russie prétend que sa mobilisation ne signifiepas nécessairement la guerre, car elle peut fort bien rester mobiliséependant quelques mois sans engager des hostilités quelconques.Tel n'est pas le cas pour l'Allemagne . Son avantage est la rapidité,l'avantage de la Russie est le nombre, et la sécurité de l'Allemagne lui interdit de permettre à la Russie de concentrer des masses detroupes appelées de toutes les parties de son vaste empire." (Livrebleu No. 138.)

Les dés une fois jetés, Sir Edward Grey concentra ses effortsen vue de fournir à l'Angleterre un prétexte d'intervention immé-diate, et qui fût sans réplique aux yeux des membres du cabinetbritannique opposés à une guerre avec l'Allemagne , ainsi quedevant l'opinion publique anglaise.

Le Livre bleu et le Livre jaune sont d'accord pour attesterque Sir E. Grey lui-même , si fortement engagé depuis le 29 juilletvis-à-vis de Monsieur Paul Cambon , éprouva quelque difficultéà persuader le cabinet anglais que la simple participation de laFrance à la guerre était un motif suffisant pour justifier lacoopération de l'Angleterre . L'interprétation de M. Cambon, d'aprèslaquelle une guerre seraient entraînées la France et l'Allemagne revêtirait l'importance d'une lutte pour l'hégémonie de l'Europe et nepouvait par conséquent laisser l'Angleterre indifférente, ne trouvapas dans le cabinet anglais un appui suffisant, malgré que leMinistre des Affaires étrangères (voir la conversation rapportéeplus haut), n'y fît aucune objection.

Une autre circonstance venait augmenter les embarras de cedernier: c'était les assurances très larges de l'Allemagne pour