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le cas où l'Angleterre conserverait sa neutralité. Le 29 juillet,alors qu'on ignorait encore à Berlin les ouvertures «amicaleset privées" de Sir E. Grey au prince Lichnowsky, le Chanceliersoumettait à Sir E. Goschen une proposition destinée à faciliterla neutralité anglaise. (Livre bleu No. 85). Une agression russecontre l'Autriche-Hongrie , exposa le Chancelier, amèneravraisemblablement un conflit européen, l'Allemagne ayant le de-voir de seconder son alliée par les armes. L'Angleterre , ajouta-t-il, ne se tiendrait certainement pas à l'écart en face d'une défaite dela France , si cette dernière se trouvait mêlée à un conflit éventuel.Mais l'Allemagne ne poursuit nullement le but de détruire laFrance, et si l'Angleterre promet sa neutralité, le Gouvernementbritannique recevra de l'Allemagne l'assurance formelle que celle-cine recherche aucun agrandissement territorial aux dépens dela France , même si la guerre finissait par une victoire des armesallemandes. Le Chancelier termina en disant que l'Allemagne respecterait dans tous les cas la neutralité de la Hollande; quantà la Belgique, il dépendait de l'action de la France quelles opérationsles Allemands pourraient être obligés d'entreprendre sur le territoirebelge. Mais après la guerre, l'intégrité de la Belgique seraitrespectée, si toutefois cette puissance ne combattait pas contrel'Allemagne .
Cette proposition reçut de Sir Edward Grey le refus le plusnet. (Livre bleu No. 101.) Sir E. Goschen fut chargé de répondreau chancelier au sujet des assurances concernant la France : vitwould be a disgrace for us to make this bargain withGermany at the expense of France , a disgrace fromwhich the good name of this country would neverrecover." (Ce serait une honte pour nous de faire ce marché avecl'Allemagne aux dépens de la France , une honte dont la bonnerenommée de ce pays ne se relèverait jamais.) Il allait de soi quel'Angleterre ne pouvait non plus se prêter à un tel marché quant àses obligations et à ses intérêts concernant la neutralité belge .
Le refus de la proposition allemande ne manque pas, on levoit, d'une certaine vivacité: c'est que Sir Edward Grey seconsidérait comme allié de la France qu'on cherchait àdébaucher. En ce qui concerne la neutralité belge , il