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jusque là une certaine opposition au sein du Cabinet. En faisantquand même les déclarations citées plus haut, dans la matinée du1 er août, et en empiétant ainsi sur le Cabinet, Sir Edward Greya, il est vrai, une excuse: il ne prenait envers la France aucuneobligation plus étroite que celles qui le liaient déjà à ce pays.
Il n'en est pas moins caractéristique de constater le silenceabsolu du Livre bleu sur cet entretien de Sir Edward Grey avec M. Paul Cambon . Le Secrétaire d'Etat anglais n'en souffle mot àl'ambassadeur d'Angleterre à Paris, tandis que M. Paul Cambon s'empresse bien entendu d'en informer de suite son Gouvernement.
A Paris , les résistances existant au sein du Cabinet anglaiscausaient une anxiété telle, que l'ambassadeur d'Angleterre télé-graphia à Londres , le 31 août, en représentant le Ministre desAffaires étrangères de France comme ^urgently anxious astho what the attitude of England will be in thecircumstances, and he begs an answer may be made byHis Majesty's Government at the earliest momentpossible" (il est instamment anxieux de connaître l'attitudede l'Angleterre dans ces circonstances, et prie le Gouvernementde Sa Majesté de vouloir bien donner une réponse aussitôt quepossible) (Livre bleu No. 124).
Cette réponse, ce fut la confidence extraordinaire faite parSir Edward Grey à M. Paul Cambon le matin du 1 er août. Main-tenant la France était renseignée et, sans attendre la mobilisationallemande, le Gouvernement français donnait, le premier août à3 40 heures du soir, l'ordre de mobilisation générale del'armée française. (Livre bleu No. 136.)
Le lendemain, dimanche 2 août, Sir Edward Grey faisait àl'ambassadeur de France une déclaration dont il précisa la forme,le 3 août, en ces termes:
Dans le cas où l'escadre allemande fran-chirait le détroit ou remonterait la mer duNord pour doubler les îles britanniques dansle but d'attaquer les côtes françaises ou lamarine de guerre française et d'inquiéter lamarine marchande française, l'escadre anglaise