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nement français de la coopération de l'Angleterre. Lacertitude de la coopération de l'Angleterre a été fournieau Gouvernement français par la confidence que le Secrétaired'Etat anglais des Affaires Etrangères a jugé à propos defaire à l'ambassadeur de France, dans la matinée du 29juillet, au sujet de son intention de faire défi à l'ambassadeurd'Allemagne .
5. Les personnes dirigeantes de la politique anglaise étaientmoralement liées dès le commencement par l'entente avecla France . Si elles n'étaient pas résolues d'avance àparticiper dans toutes les circonstances à une guerre oùla France se trouverait entraînée, elles sont arrivées à cettedétermination dans le courant de la semaine critique.
6. Les personnes dirigeantes de la politique anglaise étaienten outre convaincues avec juste raison qu'une guerreà cause de la question serbe n'obtiendrait pas lasanction de l'opinion publique. Elles ont donc concentréleurs efforts en vue de créer un prétexte de guerreplausible aux yeux de l'opinion publique anglaise. Ceprétexte leur a paru tout trouvé dans la neutralité belge ,compromise depuis des années par la Belgique elle-même, et dont le respect en cas de conflit n'entraitmême pas dans les intentions de l'état-major anglais .Cela ressort des déclarations de l'attaché militaire anglais à Bruxelles .
7. Avant d'adresser l'ultimatum à l'Allemagne à propos dela Belgique , le Secrétaire d'Etat anglais des AffairesEtrangères avait déclaré formellement à l'ambassadeur deFrance que l'Angleterre considérerait comme un casusbelli le simple passage de la flotte allemande par lecanal ou par la Mer du Nord . Ce qui prouve encore àquel degré la violation de la neutralité belge n'étaitqu'un prétexte pour le cabinet britannique.
Ces faits irréfutables confirmés par les publicationsofficielles des Gouvernements de la Triple Entente,réduisent à néant, devant le tribunal de l'histoire,