Druckschrift 
Les Origines de la guerre mondiale d'après les publications des puissances de la Triple entente / par Karl Helfferich
Entstehung
Seite
54
Einzelbild herunterladen
 

- 54 -

l'allégation d'après laquelle l'Allemagne a voulu et aprovoqué la guerre. La Russie a été l'incendiaire, laFrance et l'Angleterre , les complices, comme les pagesqui précédent en fournissent la preuve.

Il n'entre pas dans le cadre de cette brochure de procéderà des investigations profondes sur les sources du fatal enchaînementde faits et d'actes qui, du 24 juillet au 4 août, ont allumé laguerre la plus effroyable et la plus sanglante dans l'histoire dumonde. Une seule indication suffira ici: ces faits et ces actes,les paroles d'un Grey, d'un Cambon et d'un Sasonoff, les agisse-ments du Premier Lord de l'Amirauté et du Généralissime russeparoles et faits qui semblent bien mesquins en présence de lagrande tragédie humaine - ne sont en somme que les mani-festations apparentes, survenues au moment décisif, des forces dontl'action constitue et forme l'histoire de notre temps:

Pour la Russie , c'est l'aspiration à l'hégémonie en Orient,devenue doublement forte depuis sa défaite dans la'guerre avecle Japon , et la ferme résolution de vaincre, la bonne chance desuccès une fois donnée, toute résistance des Puissances de l'Europecentrale.

Pour la France , c'est la funeste orientation de toute sa politiquevers le pôle négatif de son désir implacable de revanche, mélangéà la peur, d' s'ensuit la disposition à s'allier à chaque puissantennemi de l'Allemagne .

Pour l'Angleterre , c'est l'envie du commerçant envers touteconcurrence nouvelle, l'hostilité instinctive contre la plus fortePuissance du continent, et la vieille tradition d'abattre toute velléitéd'extension maritime de la part d'une nation continentale.

Ces forces hétérogènes ont tissé la trame de l'entente, instrumentterrible entre les mains d'une petite minorité résolue à la guerre,instrument de danger sans remède pour la grande majoritépacifique des populations russes, françaises et anglaises. L'attitudede la Russie envers l'Autriche-Hongrie dans la question serbe futl'épreuve décisive pour l'entente: il est hors de doute qu'un motde refus de la France eût suffi à retenir le parti de la guerre enRussie ; il est au moins très vraisemblable qu'un mot de refusde l'Angleterre eût retenu la France ; mais il est absolument