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mind. The situation was very grave. While itwas restricted to the issues at present actuallyinvolved we had no thought of interfering in it.But if Germany became involved in it, and thenFrance , the issue might be so great that it wouldinvolve European interests; and I did not wishhim to be misled by the friendly tone of ourconversation — which I hoped would continue —in thinking that we should stand aside."
(Après avoir eu cet après-midi un entretien sur la 'situation européenne avec l'ambassadeur d'Allemagne , jelui dis que je désirais lui faire part, à titre absolumentprivé et amical, d'une pensée qui m'agitait. La situationest extrêmement grave. Aussi longtemps qu'elle ne con-cerne que les questions réellement en jeu pour le moment,nous ne songeons pas à intervenir. Mais si l'Allemagne venait à s'y trouver mêlée, puis la France , alors la chosedeviendrait si grave que tous les intérêts européensseraient en cause; et je ne désire pas que le tonamical de notre conversation — qui se continueraje l'espère — lui fasse supposer à tort que nousresterions à l'écart.)Voilà une déclaration dont la transparence ne laisse certesrien à désirer.
La clarté dans les situations difficiles peut être un avantageet contribuer à débrouiller les complications. Mais si telle étaitvraiment l'intention de Sir Edward Grey, quel mauvais génie luia donc alors suggéré de raconter, le matin du 29 juillet, à l'am-bassadeur de France , qu'il allait mander chez lui l'ambassadeurd'Allemagne pour lui faire la confidence „privée et amicale" quel'on sait?
Sir Edward Grey rapporte lui-même le fait à l'ambassadeurd'Angleterre à Paris (Livre bleu No. 29):
„After telling M. Cambon to-day how gravethe situation seemed to be, I told him that Imeant to tell the German Ambassador to-daythat he must not be misled by the friendly tone
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