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LA grandi; industrie
que cette culture prospérait. L'Espagne et la Sicile filaient et tissaient le coton aux xi° et xn e siècles.
Plus tard, lorsque le centre de gravité du monde éco-nomique se porta vers le nord de l’Europe, l’industriedu coton suivit le mouvement ; les Flandres et les villesallemandes en devinrent le siège. L’Angleterre, autrefoisréduite exclusivement à l’agriculture et à ses produits,n’était pas un terrain favorable à une industrie de luxe,comme l’était à cette époque l’industrie du coton ; cettedernière supposait un pays de commerce et des consom-mateurs enrichis par le commerce. Venise était le marchéde coton du monde, c’était le Liverpool d’alors, Anvers le siège de sa fabrication, le Manchester d’alors.
Comme pareille chose arrivait fréquemment, ce furentdes émigrants étrangers qui établirent la base de l’indus-trie du coton en Angleterre : c’étaient des réfugiés qui,après la destruction d’Anvers par le duc d’Albe, en1585, cherchaient un asile en Angleterre. Beaucoupd’entre eux s’étaient établis à Manchester et à Bolton, qui étaient alors le siège du tissage de la laine. Lestisseurs étrangers étaient surtout attirés vers Manchester par la permission qu’on y avait d’abattre dans les forêtsdu Collège, situées près de la ville, autant de bois qu’onvoulait pour bâtir ou pour brûler — c’est l’indice deconditions économiques bien différentes des nôtres.C’est depuis cette époque qu’il est fait mention del’importation du coton en Angleterre. Mais, l’usagedu coton était encore bien insignifiant à la fin dusiècle ; cela ressort de ce fait que, dans la loi des pauvresd’Elisabeth, les travaux les plus divers, en particulier lefilage du lin, du chanvre et de la laine sont recomman-