PREFACE
Contrairement au préjugé couramment reçu, lagrande industrie améliore la situation de l’ouvrieret tend à égaliser les conditions.
M. de Schulze-Gävernitz le dit et le démontreavec un grand luxe de preuves ; mais il ne s’entient pas là. Il fait voir, il fait toucher du doigt,pour ainsi dire, comment et pourquoi ce préjugé apu s’établir, et ce n’est pas là le côté le moins ori-ginal, le moins instructif de son intéressant ou-vrage.
Résumons rapidement son argumentation.
Tout le monde connaît le fameux chapitre d'AdamSmith sur les avantages de la division du travail ;tout le monde se rappelle ces ouvriers occupés cha-cun, et pendant toute leur vie, à fabriquer la dix-sep-tième partie d’une épingle. Ces gens sont déjà trèsmalheureux, physiquement et moralement. Dansce travail presque purement manuel, leur intelli-gence s’atrophie et se dégrade ; ils exécutent leurbesogne machinalement. Un progrès nouveau sur-git. Un homme de génie, un Arkwright, unJacquart quelconque, subdivise encore les dix-sept